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Fournir les données probantes pour un financement inclusif de la transition énergétique dans le secteur privé de la région MENA

Éclairer la conception des futurs mécanismes d’investissement en efficacité énergétique durable

  • Client

    Centre de recherches pour le développement international (CRDI)

  • Année

    2024-2027

  • Région
    • Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA)
  • Service
    • Capacity Building
    • Politiques, cadres réglementaire et institutionnel
    • Stratégies et plans d’action
    • Modèles d’affaires innovateurs pour des projets d’efficacité énergétique
    • Intégration des dimensions environnementale, sociale et de genre
    • Formation et sensibilisation
  • Pays

    Égypte, Maroc, Tunisie

  • Secteurs
    • Micro, petites et moyennes entreprises (MPME)
    • Commercial et résidentiel
    • Gouvernements et services publics

Partout au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, l’efficacité énergétique est reconnue comme un levier stratégique de développement. Pourtant, les investissements demeurent bien en deçà de leur potentiel. En Égypte, au Maroc et en Tunisie, les acteurs du secteur privé — en particulier les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) — font face à des difficultés persistantes d’accès aux financements nécessaires à l’adoption de technologies écoénergétiques.

 

Afin de contribuer à combler cet écart, Econoler dirige une initiative de recherche régionale financée par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) du Canada. Le projet vise à produire les connaissances, les partenariats et les modèles de financement inclusifs nécessaires pour accélérer la transition vers une économie sobre en carbone dans la région.

Construire les bases d’un avenir énergétique sobre en carbone et inclusif

Le projet vise à analyser les marchés de l’efficacité énergétique en Égypte, au Maroc et en Tunisie, à identifier des mécanismes de financement inclusifs et à mieux comprendre les obstacles et les occasions qui influencent les investissements du secteur privé.

L’initiative cherche également à renforcer les connaissances disponibles, à favoriser la participation des femmes et des jeunes et à alimenter la conception de politiques et de modèles d’affaires évolutifs tenant compte des enjeux de genre. L’objectif est de soutenir un développement sobre en carbone à l’échelle de la région MENA, une ambition qui reflète l’innovation au cœur de la mission d’Econoler.

Le mandat

Les experts d’Econoler analysent les principaux obstacles aux investissements en efficacité énergétique dans le secteur privé selon une perspective régionale et inclusive. Ils évaluent le potentiel du marché et conçoivent des mécanismes financiers innovants capables de mobiliser davantage de capitaux privés.

En collaboration avec des équipes de recherche nationales, Econoler contribue également au renforcement des capacités régionales en accompagnant de jeunes chercheurs, en favorisant les échanges de connaissances et en soutenant la production et la diffusion de travaux de recherche sur l’efficacité énergétique.

Trois marchés prometteurs confrontés à des défis structurels

L’Égypte, le Maroc et la Tunisie disposent d’un fort potentiel en matière d’énergies renouvelables, tout en faisant face à une croissance soutenue de la demande énergétique alimentée par l’urbanisation, l’industrialisation et la croissance démographique.

Toutefois, leurs systèmes énergétiques demeurent fortement dépendants des combustibles fossiles et sont confrontés à plusieurs contraintes structurelles, notamment un accès limité au financement, des barrières réglementaires et certaines limites infrastructurelles.

Le secteur privé, et particulièrement celui des MPME, joue un rôle central dans l’activité économique et l’innovation. Malgré cela, ces organisations ne disposent pas toujours du soutien financier et institutionnel nécessaire pour déployer des solutions d’efficacité énergétique à plus grande échelle. Les inégalités socioéconomiques et de genre persistent également et influencent l’accès aux occasions liées à l’énergie.

Cette combinaison de potentiel énergétique élevé, de besoins croissants et de lacunes persistantes en matière d’investissement et d’inclusion fait de ces trois pays des contextes particulièrement pertinents pour le développement de mécanismes de financement innovants et inclusifs en efficacité énergétique.


Créer de la valeur pour l’ensemble de l’écosystème

Le projet génère des retombées positives pour un vaste réseau d’acteurs, notamment les étudiants, les universités, les institutions de financement de l’énergie et les MPME des trois pays.

Pour les universités et les étudiants, il permet de développer les compétences en recherche, d’acquérir une expérience concrète sur le terrain et d’accroître la visibilité académique grâce aux publications scientifiques et à la participation à des conférences.

Pour les MPME et les acteurs du financement de l’énergie, le projet produit des données probantes sur les obstacles du marché, les risques et les possibilités d’investissement, facilitant ainsi une prise de décision mieux informée.

Les travaux de recherche permettent également d’identifier les caractéristiques des mécanismes de financement les mieux adaptés pour être plus inclusifs et accessibles, notamment pour les entreprises dirigées par des femmes ou des jeunes. À terme, cette meilleure accessibilité au capital devrait favoriser l’adoption de technologies d’efficacité énergétique, améliorer la compétitivité des entreprises, réduire les coûts d’exploitation et contribuer à la diminution des émissions de gaz à effet de serre.



Une méthodologie rigoureuse ancrée dans les réalités locales

Le projet repose sur une approche de recherche coordonnée à l’échelle de trois pays, combinant analyses de marché, collecte de données primaires et renforcement des capacités, le tout sous l’angle de l’égalité des genres, du handicap et de l’inclusion sociale (GEDSI).

À titre de coordonnateur du projet, Econoler agit comme principal interlocuteur du CRDI et des équipes nationales de recherche : l’École nationale d’ingénieurs de Tunis (ENIT) en Tunisie, l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (IRESEN) au Maroc et l’American University in Cairo (AUC) en Égypte.

Les travaux s’articulent autour de quatre axes principaux :

  1. Identifier les principaux obstacles à la mise en œuvre de mesures d’efficacité énergétique dans le secteur privé en tenant compte des enjeux d’égalité des genres et d’inclusion
  2. Réaliser des analyses de marché afin de démontrer la pertinence économique de l’efficacité énergétique pour le secteur privé
  3. Proposer des solutions de financement innovantes permettant de mobiliser davantage d’investissements privés dans les mesures d’efficacité énergétique et de gestion efficiente des ressources
  4. Renforcer les capacités des pays participants grâce à la recherche et au mentorat, notamment en accompagnant les chercheurs postdoctoraux, doctorants et étudiants aux cycles supérieurs par des transferts de connaissances entre pairs

Les données sont recueillies au moyen d’une démarche qualitative comprenant des groupes de discussion, des entrevues et des sondages menés par les équipes nationales, en complément d’une cartographie détaillée des parties prenantes dans chaque pays.

En examinant les obstacles aux investissements en efficacité énergétique et en énergies renouvelables sous des angles à la fois régionaux et liés au genre, cette méthodologie permet de produire des résultats scientifiquement rigoureux, comparables d’un pays à l’autre et directement applicables à la conception de futurs véhicules d’investissement pour la transition énergétique durable.


Des avancées concrètes depuis le lancement du projet

Depuis son démarrage en 2024, le projet a généré une forte mobilisation dans les trois pays participants.

Parmi les principales réalisations :

  • Organisation de trois conférences de lancement nationales avec les universités partenaires, réunissant des acteurs publics et privés
  • Participation à des conférences internationales de collaboration en recherche au Kenya et en Afrique du Sud, incluant la production d’affiches scientifiques et la présentation des travaux réalisés
  • Réalisation d’une cartographie exhaustive des parties prenantes dans chacun des trois pays
  • Déploiement et réalisation des premières activités de collecte de données qualitatives par groupes de discussion, entrevues et sondages
  • Production de premiers constats sur les obstacles au marché de l’efficacité énergétique, avec une attention particulière aux enjeux de genre et d’inclusion sociale
  • Tenue de plusieurs formations et séminaires virtuels, notamment sur les modèles Super ESCO et l’intégration du GEDSI dans les secteurs de l’énergie et du financement
  • Élaboration d’outils de transfert de connaissances et formation de jeunes chercheurs diplômés et aux cycles supérieurs sur les enjeux de genre liés au financement de l’efficacité énergétique dans la région MENA

Ensemble, ces activités ont permis de bâtir une base solide de collaboration régionale et de données de terrain à partir de laquelle émergent aujourd’hui les premiers enseignements structurants du projet.



Ce que révèlent déjà les premiers résultats

Les premiers constats convergent vers plusieurs enjeux communs. Les investissements en efficacité énergétique dans le secteur privé de la région MENA demeurent limités par des obstacles de marché, un accès restreint à des solutions de financement adaptées ainsi que des capacités techniques et institutionnelles insuffisantes.

Les mécanismes financiers actuellement disponibles répondent encore imparfaitement aux besoins spécifiques des projets d’efficacité énergétique, particulièrement dans le secteur privé. Les résultats démontrent également l’importance d’intégrer davantage les considérations liées à l’égalité des genres et à l’inclusion dans la conception des solutions de financement, notamment en ce qui concerne l’accès des femmes aux occasions d’affaires et la prise en compte des réalités des entreprises qu’elles dirigent.

Dans les trois pays, l’efficacité énergétique est reconnue comme un secteur prioritaire au sein des Contributions déterminées au niveau national (CDN). Son potentiel de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’amélioration de la sécurité énergétique est largement reconnu, mais ce potentiel ne se reflète pas encore dans les volumes d’investissement ni dans l’ampleur du déploiement.

Ces premiers résultats confirment la pertinence d’un projet capable de dépasser les constats généraux pour mettre en lumière les réalités propres à chaque pays tout en favorisant les apprentissages croisés et la collaboration régionale autour de défis communs.


Chaque institution contribue par son expertise académique et ses analyses nationales, tandis que le CRDI assure le financement et l’orientation stratégique du projet afin de garantir la rigueur scientifique et la pertinence des résultats pour l’élaboration des politiques publiques.

Les équipes préparent actuellement leurs premiers articles scientifiques destinés à des revues évaluées par les pairs et en libre accès, tout en poursuivant la diffusion de leurs travaux lors de conférences scientifiques. Un événement réunissant l’ensemble des partenaires est prévu à l’automne, suivi d’un événement de clôture au printemps 2027.