Côte d'Ivoire

Étude de l’impact du tarif de l’électricité sur la pauvreté et la situation sociale

EXPERTISE : , Politiques et cadres institutionnels et réglementaires
SECTEUR : , Public

Client

(PURE) Projet d’Urgence de Réhabilitation du Secteur de l’Électricité

Description du projet

Dès 1994, le secteur électrique ivoirien s’est ouvert à la production indépendante, avec l’entrée sur le réseau d’une première turbine à gaz, à la centrale de Vridi, suivie, en 1997, de la centrale d’Azito. Cette ouverture à la production thermique au gaz naturel a ainsi bouleversé la configuration du parc de production ivoirien. La part de la production thermique est passée de 31 % en 1990 à 71 % en 2011, après un pic de 74 % en 2005, mettant définitivement un terme au tournant hydraulique sur lequel a été bâtie, en 1980, la grille tarifaire en vigueur.

Les charges d’exploitation, notamment celles liées à l’achat du gaz dont le prix est indexé sur celui du pétrole, connaissent présentement un accroissement sensible. Dès 1999, le secteur enregistrait un premier déficit d’exploitation. Ce déficit a culminé à 107 224 millions de FCFA en 2011, et ce, malgré les ajustements et les hausses tarifaires intervenus en 1994, en 2001, en 2008 et en avril 2012. Le déficit cumulé se monte, en 2012, à 452 976 millions de FCFA.

C’est dans ce cadre qu’une étude tarifaire a été commandée afin de définir une nouvelle structure tarifaire et un mécanisme d’ajustement permettant d’assurer l’équilibre économique et financier du secteur à long terme.

Avant de mettre en application la grille et les niveaux de tarifs résultant de l’étude tarifaire, le gouvernement a souhaité en évaluer les impacts potentiels sur les populations, dans leurs franges les plus vulnérables économiquement.

Faits Saillants

Dans ce contexte, le PURE avait confié à Econoler, en partenariat avec la firme Egis BCEOM International, le mandat de réaliser cette étude. L’objectif principal est d’examiner les conséquences de l’application de la nouvelle structure tarifaire en projet sur les conditions de vie des populations économiquement vulnérables en Côte d’Ivoire. Pour ce faire, le groupement Econoler/Egis BCEOM a réalisé les activités spécifiques suivantes :

  • Caractérisation de la population cible, les populations économiquement vulnérables, à partir des données de la vaste enquête sur le niveau de vie (ENV) 2008, réalisée par l’Institut national de la statistique (INS).
  • Évaluation, par des enquêtes de terrain, sous forme d’entretiens avec les responsables des ménages pauvres, de la perception que cette population a de l’électricité, des niveaux des tarifs, de leur potentielle hausse, des conséquences de cette hausse et de ses stratégies d’adaptation.
  • Analyse de la sensibilité des populations à la hausse des tarifs des services publics, ceux de l’électricité notamment, dans le monde et surtout en Afrique, pour cerner les réactions observées.
  • Recherche à différents niveaux des causes de la hausse des tarifs, des conséquences et surtout des mesures techniques, économiques, financières et institutionnelles d’accompagnement.
  • Formation et renforcement des compétences au sein du Ministère en charge de l’énergie, en vue de préparer des personnes ressources à l’application des mesures d’atténuation des impacts potentiels du changement tarifaire sur la situation sociale en Côte d’Ivoire.

À la fin du mandat, Econoler avait produit, à la satisfaction du client, un rapport d’évaluation de l’impact avec des recommandations spécifiques, à l’attention des décideurs. Ces recommandations visent à éliminer, minimiser ou compenser les effets économiques et sociaux des différents niveaux de hausses attendus, ce qui permettrait de sauvegarder la paix sociale, tout en permettant au secteur de retrouver un certain équilibre financier.

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